Tirage à part de «vivre mieux» n° 41, novembre 1993

Association Suisse Chiropraticiens
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La civilisation moderne a banni la plupart des «travaux de titan» exigés par la profession, la tenue du ménage et le quotidien. Et pourtant, le stress inconsidéré imposé à l'appareil moteur, à la colonne vertébrale en particulier, est une source croissante de maux douloureux et de maladies à prendre au sérieux. Par la chiropraxie, on s'attaque à ces dernières depuis des décennies.
La chiropraxie: Un secours naturel efficace
De Jürg Hurter
Plus de la moitié de la population suisse souffre de douleurs de la colonne vertébrale et autres maux articulaires, de manière fréquente ou permanente. Et parmi ces personnes, il s'agit d'un nombre non négligeable d'enfants et d'adolescents. Aux douleurs locales de l'appareil moteur s'ajoutent les troubles qui en découlent, tels que crispations musculaires, vertiges, maux de tête, douleurs irradiantes dans les jambes, de même que de pseudo- douleurs cardiaques . Notre style de vie, avare de mouvements, notre comportement erroné dû à la position trop fréquemment assise et aux conditions de la civilisation actuelle sont les motifs principaux pour ce dommage apporté à notre santé, qui peut parfois se révéler de longue haleine et fort douloureux.
Par des thérapies chirurgicales et médicamenteuses, ces maux sont combattus, les symptômes en sont adoucis. Grâce aux progrès de la médecine et de la pharmacie, de bons résultats ont pu être obtenus dans certains cas, autrefois jugés désespérés et la vie est rendue plus supportable. Pourtant, le scalpel ou la chimie ne sont ici pas toujours nécessaires. Et durant les cent dernières années, la chiropraxie est devenue une discipline médico-scientifique qui tient compte de la sensibilisation de la population contre l'abus de médicaments et pour une médecine plus naturelle.
La colonne vertébrale, facteur de maladie
La chiropraxie s'occupe des troubles fonctionnels réversibles l'appareil moteur, en particulier de la colonne vertébrale, du système nerveux, des muscles, des tendons et des articulations, suite à des accidents et lors de surmenages, de courte durée ou constants. Des préjudices causés au mouvement et la crispation musculaire qui en découle, de même que des états douloureux pénibles sont adoucis ou éliminés par le chiropraticien.
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Quand consulter le chiropraticien ?
Le chiropraticien traite les troubles statiques (maintien du corps) et dynamiques (déroulement du mouvement) de l'appareil moteur de l'être humain, et en particulier de la colonne vertébrale, après des accidents et des charges incorrectes imposées aux muscles ou aux articulations, de brève durée ou prolongés. Des préjudices apportés à la mobilité, des crispations musculaires et des états douloureux sont adoucis ou disparaissent, grâce à ses soins.
De même, des troubles d'organes extérieurs à l'appareil moteur peuvent favorablement être influencés pour leur guérison, par le biais de la chiropraxie. |
Le craquement secourable sans douleur
Comme pour toute pratique médicale, le traitement doit être précédé d'un examen approfondi, dans le cadre duquel le maintien du patient et le déroulement de ses mouvements sont mis au premier plan, à côté de l'anamnèse. Outre des examens orthopédiques et neurologiques, le chiropraticien dispose principalement de ce qu'on appelle la palpation, qui est une méthode d'exploration clinique consistant à appliquer la paume de la main et la pulpe des doigts sur une partie du corps en exerçant une pression douce afin d'apprécier les qualités physiques d'un organe, d'une région, plus précisément de la colonne vertébrale, du bassin et des articulations périphériques, de même que le contrôle de leurs fonctions. Des examens radiographiques et de laboratoire confirmeront le diagnostic et conclueront par exemple à la présence de tumeurs ou à des fractures osseuses, qui ne sont toutefois pas une indication de traitement manuel.
La manipulation chiropraticienne est constituée pour l'essentiel d'un effet exécuté avec un besoin de forces minime sur une articulation pertubée dans sa fonction. L'articulation bloquée est portée à une mobilité plus accentuée que la normale, sans pourtant qu'il soit porté préjudice à la capsule par exemple (son enveloppe constituée par un manchon fibreux), aux ligaments ou aux parties molles. Le mouvement ainsi exécuté, accompagné d'une impulsion savamment dosée, est souvent lié à un craquement audible. Mais si le traitement est effectué correctement, il est non seulement sans douleur de manière générale, mais de plus, inoffensif.
L'activité du chiropraticien englobe un large domaine du traitement manuel proprement dit: la thérapie des réflexes, la démarche préparatrice pour l'assouplissement de muscles tendus et diverses mesures physico-thérapeutiques en font tout autant partie que des mesures orthopédiques et le conseil du patient, en ce qui concerne son mode de vie, pour une meilleure prise en considération des exigences de son appareil moteur. Des activités faisant partie de la prévention sanitaire, des cours de gymnastique individuels et une «formation» adéquate pour le dos, en particulier pour des patients souffrant d'hernie discale, des exposés présentés dans les écoles, les entreprises et devant le public, viennent compléter le champ d'activité du chiropraticien.
Les succès de la chiropraxie
Des analyses à long terme du succès des thérapies les plus diverses ont montré que le traitement par le chiropraticien est financièrement avantageux, qu'il aide à éviter des opérations inutiles et qu'il est apte à remettre rapidement en état de fonction la disposition corporelle perturbée concernée. Dans le cadre d'une étude suisse, 75 pour cent des personnes examinées étaient des patients qui auparavant avaient été traités sans succès. Malgré ce pourcentage élevé de cas résistant aux thérapies, plus de 80 pour cent d'entre eux ont pu être améliorés ou guéris par la chiropraxie. Pour plus d'un tiers de ces cas, le patient concerné devait encore prendre quotidiennement des médicaments avant le traitement du chiropraticien; par la suite pourtant, il s'est encore agi d'un pour cent seulement... En se référant à une estimation prudente de ces résultats, il peut être constaté que la chiropraxie est à même de réduire nettement le besoin quotidien en médicaments, qui peut, lui, être soumis à des effets secondaires.
Qui devient chiropraticien?
Etant donné que jusqu'ici la chiropraxie n'est pas enseignée en Suisse, le futur chiropraticien doit étudier aujourd'hui encore, dans un établissement d'enseignement supérieur reconnu par le Conseil fédéral, aux Etats-Unis ou au Canada. La condition préalable de ces études à l'étranger portant sur dix semestres est d'avoir pris part à un programme d'études préparatoires auparavant en Suisse et de l'avoir conclu; il s'agit dans ce cas précis de la première propédeutique médicale. La formation porte entre autres sur des cours d'anatomie, de pathologie, de physiologie et de neurologie, de biomécanique, de diagnostic, d'interprétation radiologique, et bien sûr également, sur l'activité manuelle inhérente à la chiropraxie. Après les études à l'étranger, suit une période minimale de deux ans d'assistance clinique, avec des cours réguliers à l'Institut de formation continue de l'Association suisse des chiropraticiens à Berne.
Etant donné qu'en Suisse le principe de la non-reconnaissance de diplômes médicaux étrangers est valable, les possesseurs d'un diplôme de cette spécialité devront encore se soumettre à des épreuves de capacité supplémentaires. L'examen d'état est supervisé par une commission composée pour moitié de chiropraticiens et de médecins. En outre, le chiropraticien doit également passer un examen de la «Protection anti-X fédérale», ce qui lui octroiera l'autorisation d'avoir une propre installation de radiographie, une radio étant nécessaire dans nombre de cas pour un diagnostic exact. Comme chaque médecin, le chiropraticien est soumis au contrôle de la police sanitaire de la direction cantonale de la santé ou de l'hygiène publique.
Le long chemin vers la connaissance
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La position juridique du chiropraticien
Les lois suisses reconnaissent le chiropraticien, le docteur en chiropraxie, en tant que représentant indépendant de la médecine. Les prestations du chiropraticien sont prises en charge par les caisses maladie, les assureurs privés, la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (Suva) et par l'Assurance militaire, sans passer par une autre autorité médicale. |
Dans le terme de chiropraxie se trouvent les deux mots d'origine grecque signifiant «main» et «faire». En fait, les mains du chiropraticien sont son outil le plus important, tant sur le plan diagnostique que thérapeutique. Dès la période de l'antiquité classique, les maux en relation avec la colonne vertébrale étaient traités par des manipulations de la colonne vertébrale et du bassin. Les méthodes curatives d'alors étaient probablement déjà connues des peuples de l'époque préhellénique.
A la fin du dix-neuvième siècle, aux Etats-Unis, Messieurs Palmer, père et fils, ont reconnu l'importance des mesures de chiropraxie en tant que procédure pour faire disparaître des troubles fonctionnels réversibles concernant la structure de la colonne vertébrale et ils ont fait évoluer cette procédure pour en faire une thérapie efficace contre de nombreuses douleurs et déroulements maladifs.
Le premier institut d'enseignement pour la chiropraxie, The Palmer College of Chiropratic, a été fondé autour de 1900, à Davenport, en Iowa; il est aujourd'hui encore l'un des dix établissements d'enseignement supérieur où les chiropraticiens suisses font leurs études.
A la fin des années vingt de ce siècle, les premiers chiropraticiens revenaient en Suisse après leur formation aux Etats-Unis et réussissaient de premiers succès de traitement auprès de nombreux patients qui auparavant avaient été soignés sans succès selon les méthodes en usage. En suite de quoi, un mouvement était déclenché dans le public qui a mené en dernier ressort à la reconnaissance de la chiropraxie par le législateur et par les caisses maladie, avec, bien sûr, les habituelles discussions politiques en toile de fond...
Depuis la reconnaissance légale des premiers chiropraticiens en Suisse, le législateur et l'Association suisse des chiropraticiens garantissent que seuls des spécialistes qualifiés pour le diagnose et le traitement manuel soient admis. Des cours de formation continue, obligatoires pour tous les chiropraticiens suisses, assurent un savoir scientifique élevé et actuel. Par ailleurs, des réunions de conférences régulières de l'Association suisse des chiropraticiens sont fort remarquées, non seulement par les deux cents chiropraticiens suisses, mais aussi dans toute l'Europe et outre-mer. Grâce à leurs succès et à leur niveau de formation élevé, les chiropraticiens ont atteint une place bien ancrée et pleine de promesses d'avenir dans le domaine de la santé publique, à partir de laquelle ils encouragent la poursuite de l'évolution de la chiropraxie au bénéfice des patients.